Secteur public : le développement durable en action

Un livre blanc pour le secteur public sur la durabilité en action

Secteur public : le développement durable en action

Éléments clés

Le secteur de l’éducation et le secteur public étendu partagent en général une approche commune visant à « servir les citoyens », plutôt qu’une approche orientée client. Cela engendre généralement des attitudes progressistes envers l’environnement, souvent renforcées par la législation et les directives gouvernementales en ce qui concerne les décisions d’achat et la manière dont les problèmes « écologiques » ou de développement durable sont abordés.

La réalité de leur impact sur les décisions d’achat en matière d’informatique peut être variée. La pression exercée pour répondre aux directives peut mener à une mentalité bureaucratique, dans laquelle on cherche à tout prix à répondre aux exigences, plutôt qu’à une tentative plus globale de parvenir à des bénéfices concrets. Parfois, de bonnes intentions peuvent également conduire à la recherche de solutions court terme les plus simples et à ignorer des défis qui peuvent avoir un impact à plus long terme. Cependant, le besoin de réduire les coûts et la consommation de ressources est largement reconnu.

Ce rapport examine les comportements en matière de développement durable d'entreprises de cinq pays européens dans le domaine de l’informatique, et tout particulièrement dans celui de l’impression, où une approche durable plus aboutie dans le secteur informatique offrira des bénéfices environnementaux, une meilleure conformité aux directives et surtout plus d’efficacité, permettant à terme de réduire les coûts.

Présentation du développement durable dans l’informatique

De nombreuses personnes sont déjà conscientes des impacts sur l’environnement de l’empreinte carbone, de la consommation d’énergie et de la production de déchets dans le domaine de l’informatique. Un intérêt supplémentaire de la part des pays et des entreprises, suscité par un souci de conformité aux réglementations en vigueur, a permis également d’affiner les idées et les actions à un niveau plus stratégique. Avec les objectifs de développement durable des Nations unies et les sommets intergouvernementaux, tels que la conférence sur le climat de Paris en 2015, il existe une aspiration et un désir certains de résoudre les problèmes liés aux déchets et à la consommation d’énergie. Cela fait du service informatique un candidat de choix pour les entreprises qui souhaitent adopter une approche plus durable.

Il ne s’agit plus d’une attitude idéaliste visant à vouloir être « vert », mais d’une prise de conscience de l’impact de l’épuisement des ressources et de l’utilisation des hydrocarbures à long terme. L’investissement dans une approche plus durable se traduit par des bénéfices commerciaux et environnementaux, et bien souvent il ne suffit que d’un petit coup de pouce dans la bonne direction.

Afin d’encourager un changement dans les comportements des entreprises, des mesures sont imposées par l’intermédiaire de directives et de réglementations à l’échelle européenne. Celles-ci comprennent l'obligation de déclarer les émissions de carbone et l’efficacité énergétique dans le cadre de la loi sur les changements climatiques, du plan d’efficacité énergétique de la loi Carbone ainsi que de la directive européenne sur l’efficacité énergétique.

Ces mesures s’appliquent aux secteurs public et privé, y compris l’éducation, et les gouvernements européens se sont particulièrement investis en réponse aux directives de l’Union européenne, dont l'objectif est d’encourager le secteur public à aller encore plus loin. Tout cela est décrit dans le guide relatif aux marchés publics écologiques (Green Public Procurement, GPP) de la Communauté européenne, qui a été lancé en janvier 2010 et qui est disponible depuis peu (juillet 2016) dans toutes les langues de l’UE.

Le secteur de l’éducation, grâce à son rôle intrinsèque et son influence sur les générations futures, semble décidé à s’attaquer aux problèmes de développement durable et, dans tous les cas, considère cela comme une nécessité.

Cependant, pour les acheteurs informatiques, l’impact du développement durable peut être difficile à associer à la technologie utilisée sur le lieu de travail. L’approche du « jetable » dans de nombreuses technologies, motivée par la nécessité de réduire les coûts grâce à l’automatisation ou la réduction de l’intervention humaine dans de nombreux processus, n’a pas vraiment encouragé le développement durable. Même si les utilisateurs peuvent ne pas avoir conscience de la quantité d’énergie ou des ressources précieuses qui sont consommées par la technologie, l’adoption de mesures simples, telles que le recyclage du papier ou le recours à un éclairage à faible consommation d’énergie, est monnaie courante. 

De même, les entreprises ne sont pas conscientes des coûts individuels, car soit elles n’effectuent pas de suivi sur la question, soit les données qu’elles collectent ne sont pas agrégées pour donner une vision globale du coût total. C’est là que les recommandations et les réglementations peuvent avoir un impact et, une fois que le processus est lancé, les entreprises commencent à comprendre qu’il existe peut-être plusieurs économies réalisables.

Cela demande du temps avant que les nouvelles recommandations s’établissent efficacement et produisent un changement dans les attitudes et les actes, surtout lorsque de nombreuses personnes se concentrent uniquement sur leur rôle quotidien. Les problèmes de développement durable ont un impact qui dépasse le simple cadre de l’informatique. Les personnes qui disposent d’une vision plus large sur la gestion des ressources et les besoins de l’entreprise semblent être davantage conscientes des recommandations relatives au développement durable et du besoin d’agir en conséquence (Figure 1). 

L’objectif doit être de s’appuyer sur cette conscience pour apporter un changement qui bénéficie commercialement aux entreprises, mais aussi à l’environnement. On peut réaliser beaucoup de choses avec un déploiement plus intelligent de l’informatique et des technologies d’impression afin d’aider les entreprises à atteindre leurs objectifs en matière de développement durable et à améliorer l’efficacité de leur utilisation de l’énergie et des ressources.

 

Les attitudes sont positives

Le développement durable dans l’informatique et l’impression est considéré comme tout aussi important par la plupart des entreprises, qu’elles soient du secteur public ou privé, mais l’engagement pour agir dans ce domaine est fluctuant. Les entreprises du secteur public, en général, du fait peut-être de politiques budgétaires plus strictes, considèrent l’angle de l’efficacité du développement durable comme une façon de faire des économies. Toutefois, la plupart des acteurs du secteur de l’éducation voient le développement durable comme une démarche qui doit être absolument menée, même si cela a un coût (Figure 2).

D’un autre côté, le secteur public est quant à lui sous pression, souvent au niveau de ses services, pour réduire les coûts, et cela influence leur attitude envers le développement durable. Bien qu’il occupe une grande priorité dans leur politique en raison des initiatives gouvernementales, 38 % des personnes interrogées dans le secteur public exigent encore des résultats qui dépassent les simples bénéfices environnementaux : les initiatives en matière de développement durable ne peuvent se justifier que si elles permettent de répondre à des besoins plus immédiats et de réduire les coûts.

Parfois les économies sont à portée de main, mais un manque de compétences, une répartition appropriée des dépenses courantes ou que ces dépenses soient moins onéreuses que prévu freinent tout progrès. La plupart des entreprises se sont vues forcées de collecter des données plus détaillées pour mieux comprendre leur consommation d’énergie. Et pourtant, cela reste un domaine où procéder à des changements simples, par exemple éteindre les écrans d’ordinateur la nuit ou acheter des équipements informatiques plus éco-énergétiques, peut générer des économies. La seule dépense supplémentaire étant la mise en place du processus permettant d’obtenir une meilleure compréhension de l'utilisation des ressources.

Malgré l’existence de pressions réglementaires, telles que la directive européenne sur l’efficacité énergétique, appliquée en tant que programme ESOS (programme d’identification des opportunités d’économies d’énergie) au Royaume-Uni, qui sont obligatoires, la plupart des entreprises du secteur privé ont toujours une attitude beaucoup trop laxiste quant à la mise en œuvre du développement durable. En outre, contrairement aux autres programmes qui peuvent être considérés comme punitifs ou générateurs de taxes supplémentaires, l’angle d’approche du programme ESOS est d’aider les entreprises réticentes à identifier des domaines où des économies financières peuvent être effectuées en prenant des mesures plus durables.

Les entreprises du secteur public sont en tout cas beaucoup plus disposées à prendre au sérieux les conseils que les entreprises du secteur privé, mais, à nouveau, c’est le secteur de l’éducation qui est le plus susceptible de suivre de manière volontaire les recommandations en matière de développement durable (Figure 3).

La question reste de savoir si, malgré le fait d’avoir une attitude durable par défaut ou contrainte, les mesures adéquates sont prises dans la perspective de bénéficier à la fois aux entreprises et à l’environnement au sens large.

La mise en œuvre est inégale

Une prise de conscience des problèmes et le fait de les confronter semblent être les prérequis à une action adéquate, avoir une personne dédiée à l’investigation, à la compréhension et à la réalisation d’objectifs en matière de développement durable serait très utile. Même s’il prend les recommandations très au sérieux, le secteur public, déjà soumis à rude épreuve, risque moins d’y consacrer des ressources (Figure 4).

En revanche, près des trois quarts du secteur de l’éducation disposent d’une personne dont le rôle est de s’occuper des questions de développement durable, bien que des problèmes puissent surgir si son rayon d’action est trop limité. Que se passe-t-il si la personne prend très à cœur un ou quelques éléments du développement durable, mais qu’elle ne possède pas une compréhension globale du problème ? Beaucoup d’éléments peuvent être considérés comme ordinaires, comme prendre de bonnes décisions en matière d’achat lors des approvisionnements, par rapport aux problèmes et campagnes écologiques très médiatisées. Il est essentiel d’adopter une vision équilibrée et pragmatique.

La comparaison entre les différentes orientations concernant la mise en œuvre de mesures durables s’avère intéressante, mais les mesures les plus largement adoptées sont toujours les plus simples à mettre en place.

Une forte prise de conscience du public et la facilité de mise en œuvre à l’échelle individuelle a permis le large succès du recyclage des produits papier et de l’adoption de l’éclairage à faible consommation d’énergie ceci grâce à des campagnes très médiatisées. Comme le recyclage du papier engendre souvent un coût supplémentaire, il est assez étonnant de constater que c’est dans le secteur privé que l’on trouve le plus haut degré de recyclage (peut-être est-ce dû au fait que son adoption représente un succès facile pour les statistiques de la responsabilité sociale des entreprises), tandis que le secteur public reste à la traîne (Figure 5).

Le secteur public fait beaucoup mieux en termes d’efficacité énergétique dans les domaines de l’éclairage, du lieu de travail en général et de l’équipement informatique. Par conséquent, c’est dans ces domaines qu’il parvient à réaliser des économies. Cependant, la mise en œuvre de mesures en matière de développement durable reste concentrée sur la proposition qui est la plus simple et est probablement moins axée sur l’impact des économies réalisées. Des décisions mieux informées pourraient être prises s’il existait une compréhension plus complète des différents niveaux de consommation électrique et d’utilisation des ressources par l’équipement informatique.

Le secteur de l’éducation affiche une position forte, quasi politique, en ayant recours à des sources d'énergies renouvelables, mais, en dépit de cette attitude positive et de son engagement apparent, elle n’est pas performante dans la plupart des autres aspects du développement durable. Davantage d'attention et peut-être quelques conseils externes permettrait de répondre aux éxigeances de façon équilibrée et pragmatique.

Réduire l’impact environnemental de l’impression

L’impact environnemental de l’impression est compris depuis longtemps, mais la promesse de longue date du bureau sans papier, envisagée alors que l’informatique devenait omniprésente, ne s’est pas matérialisée. Et il y a peu de chances pour qu’elle devienne réalité, car de nombreux processus essentiels sont toujours pris en charge par le papier.

Mais les ressources impliquées peuvent être gérées de manière plus efficace, et souvent par des mesures simples, telles que le déploiement d’imprimantes et de multifonctions économes en énergie associé à la mise en œuvre de pratiques d’impression sécurisées et responsables.

De telles mesures permettraient aux entreprises d’atteindre leurs objectifs clés en matière de développement durable : réduire leur consommation d’énergie, éliminer les impressions inutiles et réduire la production de déchets, sans oublier un point important pour le secteur public : réduire les coûts.

Malheureusement, la prise de conscience vis-à-vis du développement durable en matière d’impression n’est pas aussi importante dans le secteur public que dans les autres secteurs (Figure 6) et, bien que des mesures aient été prises afin de réduire la consommation d’énergie générée par l’impression, plus d’efforts pourraient être accomplis (Figure 7). 

L’éducation est un environnement présentant des volumes d’impression très élevés et qui est beaucoup plus conscient de l’impact sur l’environnement. Bon nombre de mesures déjà adoptées en matière de développement durable dans l’impression sont liées aux niveaux d’utilisation élevés des ressources et le besoin de réduire l’utilisation de papier et de consommables. C’est dans ce domaine que la gestion centralisée de l’impression, tels que des services MPS, peut offrir de nombreux avantages.

Par rapport aux autres secteurs, il existe dans l’éducation une plus grande volonté de bien faire, comme réduire l’utilisation de papier en imprimant en recto verso et en utilisant du papier recyclé. Toutefois, par rapport au secteur privé, on rencontre une certaine réticence à mettre en place des stratégies visant à réduire l’impression. Ces types de stratégies, ainsi que des méthodes de contrôle sécurisées, comme l’impression « pull », peuvent avoir un impact plus important en réduisant la quantité de papier gaspillé. Le secteur de l’éducation semble avoir des personnes attitrées pour répondre à ses responsabilités environnementales, mais il pourrait aller beaucoup plus loin en appliquant quelques-uns des mécanismes de contrôle qui sont plus couramment utilisés dans le secteur privé.

Une approche plus durable pourrait également être mise en place en examinant plus attentivement la consommation d’énergie et les systèmes informatiques éco-énergétiques, comme cela semble être déjà le cas dans le secteur public. Dans ce secteur, les coûts se font plus nettement sentir et des occasions de réduire ceux liés à l’impression, comme remplacer les imprimantes laser par des jet d’encre, ont déjà été largement exploitées.

Conclusion

De nombreuses personnes dans le secteur de l’éducation et le secteur public ont une attitude positive envers le développement durable, mais la mise en œuvre des mesures ne va pas suffisamment loin et, par conséquent, ils ne bénéficient pas de tous les avantages qu’elle pourrait apporter. Cela fait courir le risque de mitiger l’enthousiasme et que d’autres mesures plus poussées ne soient pas appliquées, ce qui se traduirait par une aggravation du problème.

Souvent, il existe un manque de compétences durables, de ressources dédiées ou de prise de conscience de l’impact global que l’impression a en particulier sur la consommation d’énergie et les consommables. Cela peut être résolu en ayant recours à des fournisseurs qui prennent le développement durable à bras le corps, en offrant des produits éco-énergétiques ainsi que des services qui placent les clients aux commandes de l’infrastructure d’impression et des opérations.

Cela signifie non seulement économiser sur les coûts directs, tels que la consommation d’énergie et les consommables, mais également retirer des bénéfices professionnels d’une sécurité, d’une gestion et d’une fiabilité d’impression améliorées (Figure 8). Une approche durable dans l’impression est bénéfique pour l’environnement et la conscience, mais elle représente clairement beaucoup plus qu’une attitude bureaucratique envers les directives, car elle a un impact positif direct sur le chiffre d’affaires. De nombreuses entreprises du secteur public et de l’éducation tireraient des bénéfices considérables en consolidant leurs comportements en matière de développement durable et en élargissant leur approche pour entreprendre des actions allant dans ce sens.

Développement durable : de l’attitude à l’action

 


  • Améliorez l’efficacité énergétique de l’équipement informatique : obtenez une meilleure compréhension des coûts et de l’utilisation actuelle. Faites de la consommation d’énergie et de ressources les critères d’achat clés lors des phases de remplacement et d’approvisionnement en matériel.
  • Lors des prises de décision concernant l’approvisionnement, prenez en compte l’impact global du cycle de vie de l’équipement informatique d’un point de vue durable (achat, fonctionnement, maintenance, remplacement, élimination), particulièrement dans l’environnement de l’impression où l’utilisation d’énergie ou de consommables est élevée.

  • Assurez-vous que toute personne en charge du développement durable bénéficie d’un support complet pour résoudre les problèmes de développement durable dans leur globalité, et notamment la production de déchets, les problèmes de responsabilité sociale des entreprises et la réduction des coûts. Tirez parti d’informations provenant de tiers, y compris de fournisseurs offrant des produits éco-énergétiques et une stratégie comprenant un programme durable.

  • Dans les entreprises où un équipement informatique est placé à proximité des utilisateurs pour des raisons pratiques, par exemples des imprimantes pour groupes de travail, assurez-vous que leur utilisation peut être surveillée et orientée vers une démarche respectueuse de l’environnement grâce à des politiques appropriées, et ainsi contrôlée.

  • Notamment dans le domaine de l’impression, prenez en compte une offre de solutions MPS fournissant des règles d’impression efficaces, répondant à des objectifs de gestion rentables et qui traitera également des besoins en matière de développement durable.


Annexe

Quocirca a interviewé 500 cadres informatiques seniors du secteur IT, ayant pour responsabilité, ou étant impliqué dans, l’achat de périphériques d’impression pour des PME et de grandes entreprises au Royaume-Uni, en France, en Allemagne, en Espagne et en Italie. L’objectif de cette étude consistait à examiner la place accordée au développement durable et son influence sur les décisions d’achat.

1Quocirca a défini un Indice de maturité de la durabilité pour des mesures concernant l’impression. Un numéro est attribué en fonction de l’avancement de chaque entreprise quant à la mise en œuvre de chaque ensemble de mesures clés en faveur de l’impression durable. Les mesures utilisées furent les suivantes : papier recyclé utilisé pour imprimer, recyclage des consommables de l’imprimante, règles utilisées pour réduire le nombre d’impressions, règle d’impression recto verso, remplacement des imprimantes laser par des imprimantes jet d’encre, utilisation d’imprimantes peu énergivores et utilisation de l’impression sécurisée (Pull), impression de livrets et alertes de règle d’impression. Chaque mesure est notée comme suit : 5, si la mesure est déjà en cours ; 4, si la mesure est prévue dans les 12 prochains mois ; 3, si la mesure est prévue, mais au-delà de 12 mois ; 1, s’il n’y a aucun plan ; 0, si aucun intérêt n’est manifesté. Un taux d’impression durable moyen peut ensuite être calculé pour chaque personne interrogée. Les personnes interrogées obtenant un score moyen supérieur à 4 sont considérées comme des « Leaders » en matière d’impression durable. Celles dont le score se situe entre 3 et 4 sont considérées comme des « Followers » et celles dont le score est inférieur à 3 sont qualifiés de « Retardataires ».