Rencontre avec l'équipe créative : Rollo Collins, Directeur

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Rencontre avec l'équipe créative : Rollo Collins, Directeur

Rollo Hollins, directeur, Citizen Films

Né à Londres, Rollo a travaillé entre le Royaume-Uni et les États-Unis sur le tournage de nombreuses productions télévisées, filmographiques et publicitaires primées. Ancien directeur de la photographie, il s’est tourné vers la réalisation, combinant son sens visuel précis et ses grandes compétences de conteur d’histoire. Il voit les projets de la conception à l’exécution, pour des marques telles que Nike, Barclays et V&A.

Quel a été votre rôle dans le cadre du tournage de ce film ?

Citizen Films jouit d’un historique de missions autour de la réalisation de films pour Epson. L’idée de ce projet a été étudiée sous différentes formes. Nous avons été invités à analyser comment nous pourrions la développer. Une partie du travail consiste à prendre une idée et à la rendre pratique, concrète et à lui donner vie. C’est là où repose la plus grande responsabilité.

Il s’agit de trouver les meilleures personnes avec lesquelles s’allier pour collaborer : la caméra, les effets spéciaux, la production et l’équipe d’accessoiristes. Chacun doit être au sommet de son art pour que tout fonctionne la journée même. Nous étions très limités dans le temps avec Lewis Hamilton. Ainsi une grosse partie du travail consistait à s’assurer que chacun travaille avec une longueur d’avance. 

Qu’avez vous le plus apprécié dans le cadre du tournage de ce film ?

Nous avions précédemment tourné un film avec Lewis Hamilton pour Epson, et nous savions qu’il était un partenaire hors pair. Très concentré, il comprend tout ce qui se passe autour de lui. Ainsi, ce fut un plaisir de travailler avec lui sur ce projet. Le tournage fut très divertissant : c’est plutôt rare d’intégrer de si nombreux effets amusants. 

Quels sont les avantages et les inconvénients de votre travail ?

Il est constitué de nombreux éléments différents. Le travail consiste à choisir des idées couchées sur le papier et à les concrétiser à l’écran. Il n’est pas toujours évident de savoir comment cela fonctionnera, et je pense que chaque intervenant du projet doit comprendre comment cela s’applique. Gérer cela est vraiment amusant. Et le faire avec le sens du style visuel : transformer quelque chose qui est visuellement vraiment intéressant, plutôt qu’un simple contenu. Le défi est vraiment difficile à relever.

Il est très compliqué d’appeler ça un travail. Il s’agit d’un projet publicitaire, aussi vous devez réussir pour le client. J’adore travailler avec Epson et nous avons toujours entretenu de bons rapports quant à la manière de concrétiser les choses. Ce n’est pas toujours le cas, mais c’est juste une partie du travail. Je travaille également autour des films de fiction, et ces projets contiennent une part émotionnelle, qui peut se révéler un défi, mais ça reste formidable. Il n’y a pas grand chose que je n’aime pas en fait.

Quel est le projet le plus intéressant auquel vous avez contribué ?

Il s’agit du défi d’accomplir les choses. C’est ce dont je suis fier. Ce projet est un défi technique colossal. Vous en revenez toujours à ces choses. Elles sont la réussite. J’ai également réalisé des travaux de fiction plus axés sur l’émotion, ce qui peut se révéler un vrai défi. Mais c’est également la raison pour laquelle je suis devenu réalisateur.

Comment êtes-vous arrivé dans l’industrie ?

J’ai commencé à travailler très jeune, vers 15 ou 16 ans. Après mes études universitaires, je suis revenu travailler pour une de ces sociétés pendant six mois. L’idée était de retourner à l’université ensuite, ce qui ne s’est jamais produit. Il s’est trouvé que mon voisin était directeur de la photographie. Aussi, j’ai été son stagiaire entre 18 à 23 ans. C’est lui qui m’a essentiellement appris tout ce que je sais aujourd’hui. C’est après cette expérience que je fis le grand saut. Pendant environ huit ans, j’ai travaillé comme directeur de la photographie avant de passer du côté de la réalisation.

Avez-vous un conseil pour quiconque démarre dans le secteur artistique ?

Dans le cadre de mon premier travail, j’ai travaillé dans un studio de montage où se succédaient différents réalisateurs chaque jour. J’ai demandé à chacun d’entre eux comment ils avaient décroché leur travail : chacun m’a raconté une histoire totalement différente. Il n’y a pas une seule route. Vous devez simplement le faire et voir ce qui se passe.

J’ai entendu un bon conseil : « Si vous souhaitez faire quelque chose, vous finirez par le faire ». Si vous souhaitez faire un long métrage, vous y parviendrez. Rien ne vous empêchera de faire quoi que ce soit. Si vous travaillez bien, si les gens vont le voir, si vous allez l’aimer... cela tient en deux mots : le talent et la chance. Ce n’est pas vraiment un travail. Vous devez le prendre comme un choix de vie et le faire sept jours sur sept, et si ça fonctionne, ça fonctionne.

Faites confiance à votre goût : c’est différent d’un point de vue technique. C’est la seule chose qui vous différentie d’une autre personne. Vous pouvez avoir toute l’expérience du monde, les gens ne vous embaucheront que pour votre goût et que s’ils aiment ce que vous faites. En fait, c’est à vous que revient la responsabilité de diriger les choses. Vous devez être vraiment confiant et suffisamment têtu pour tenir compte des choses. Vous devez vous connaître vous-même, et vraiment croire en ce que vous voulez. Cela ne sera pas parfait pendant des années. Après quelques années, cela devrait commencer à faire sens pour vous, mais la seule façon d’y parvenir consiste à avoir une vision vraiment singulière de ce que vous souhaitez faire. Puis, enfin, cela commencera à prendre sens à l’écran.