La réalité augmentée prend son envol avec les drones

Moverio BT-300

La réalité augmentée prend son envol avec les drones

La valeur estimée du marché des solutions commandées par des drones commerciaux s’élève à 127 milliards de dollars américains (soit 113,4 milliards d’euros)[1], et les recettes issues des ventes de drones dans le monde devraient atteindre les 12 milliards de dollars américains (soit 10,7 milliards d’euros) d’ici 2021, soit un bond de 8 milliards de dollars américains (7,1 milliards d’euros) en 2015[2]. Cela semble logique si vous tenez compte du fait que les drones sont de plus en plus utilisés pour atteindre des zones très exposées aux risques, notamment dans les secteurs de la fabrication, de l’exploitation minière, des services d’urgence et de l’agriculture ; en outre, la photographie réalisée à partir de drones permet, par exemple, un contrôle et un recueil des données plus efficaces et plus économiques par rapport à l’utilisation traditionnelle des hélicoptères et des satellites pour capturer des vues depuis les airs.

Les drones commencent à jouer un rôle important en matière de contrôle et de réduction des risques associés à l’infrastructure distante et aux opérations à distance, telles que les parcs d’éoliennes, les plates-formes pétrolières et gazières, sans oublier les champs de culture. En fait, PwC[3] indique qu’un coût de contrôle d’une éolienne standard autour de 1 500 dollars (1 338,75 €) par pylône pourrait coûter moitié moins cher si le même contrôle était effectué par un drone. En outre, des économies similaires peuvent être calculées pour le contrôle des ponts et tunnels, qui impliquent des coûts de main d’œuvre supérieurs. De même, en France, où 400 000 kilomètres de lignes électriques doivent être inspectées chaque année, le co-fondateur de Delair-Tech, société de développement de drones professionnels basée à Toulouse, a déclaré qu’en utilisant des drones plutôt que des méthodes de contrôle traditionnelles, le coût pouvait être divisé par deux, voire par trois[4].

Au-delà de l’efficacité de l’industrie, les drones permettent également de réduire les risques et d’accroître le retour des données clés dans le cadre d’urgences et de catastrophes naturelles. En cas d’incendies de forêt, par exemple, les drones peuvent surveiller la direction du vent et relayer les données d’images précises dans un environnement où la fumée et la chaleur empêcheraient un avion piloté par un être humain de pénétrer. Comme la sensibilisation à l’utilité des drones s’accroît, les départements de services d’urgence en Irlande et au Danemark ont formé les intervenants des premiers secours à les utiliser dans le cadre de missions de sauvetage et de protection civile, pour les aider à prendre des décisions plus rapides et mieux éclairées basées sur une vue aérienne obtenue à partir de données plus détaillées fournies à un coût nettement plus bas que les méthodes aériennes traditionnelles. 

Des données de plus en plus nombreuses attestent de l’évidence des multiples possibilités qu’offre l’utilisation des drones dans l’industrie et la société civile ; et comme les drones passent d’un « loisir de niche » à une activité d’aviation commerciale, non seulement ils attirent les entreprises, mais également les organismes de réglementation. L’Organisation Internationale de l’Aviation Civile (OACI) élabore actuellement des normes internationales pour utiliser cette nouvelle technologie ; et le Parlement européen définit le calendrier pour une réglementation potentielle à l’échelle européenne[5]. Les drones sont déjà réglementés dans neuf états membres de l’OACI[6] et les autres états membres devraient suivre, garantissant un meilleur contrôle et davantage de sécurité lorsque les drones pénètrent sur nos lieux de travail et dans nos espaces publics.

Pour ce qui est des drones, nous n’en sommes encore relativement qu’aux balbutiements, et ce dont certains pilotes de drone ne sont peut-être pas conscients est que les règles concernant le vol des drones ne sont plus axées uniquement sur le moment et le lieu où les drones peuvent voler ; des réglementations commencent également à aborder la manière dont les drones peuvent être commandés de façon la plus sûre possible afin d’éviter tout risque inutile. C’est là où le champ visuel entre en jeu ; autrement dit, la théorie selon laquelle un pilote de drone doit conserver en permanence son drone dans son champ de vision. Valerie Riffaud-Cangelosi, directrice du développement des nouveaux marchés d'Epson pour les appareils connectés et portables en sait quelque chose : « Les pilotes de drone se fient de plus en plus aux lunettes connectées à réalité augmentée pour ne pas perdre de vue leurs drones et les contrôler ».

Ayant produit les seules lunettes connectées binoculaires du marché, qui offrent une solution parfaite pour le pilotage des drones et la photographie via des drones, Epson aspire désormais à développer le marché des drones. Le fabricant japonais collabore avec les principaux fabricants de drones dans le but de développer une technologie de pointe intégrée dans les nouvelles lunettes connectées d’Epson récemment lancées sur le marché, les Moverio BT-300. Riffaud-Cangelosi explique, « Les capteurs perfectionnés situés au niveau de la tête permettent au pilote du drone de visualiser un champ à 360 degrés tout en surveillant l’équipement et en conservant son champ visuel. C’est un important facteur en termes de réglementations et d’expérience de pilotage, parce que cela aide le pilote à se concentrer sur la tâche en cours et à prendre des décisions appropriées et rapides. Il n’a pas à regarder continuellement sur son module de commande ni à convertir des images et des lectures 2D complexes en situations 3D, à 360 degrés ».

Epson est tellement enthousiaste à propos des avantages des lunettes connectées à RA par rapport aux instruments de pilotage de drone traditionnels qu’il a également annoncé un partenariat majeur avec le principal fabricant mondial de véhicules aériens télécommandés (UAV ou drones de loisirs), DJI. « Nous comptons développer de nouvelles applications qui permettront d’améliorer l’expérience de pilotage des drones, tout en simplifiant le vol, en filmant de façon plus sûre et en respectant les réglementations de chaque pays », ajoute Riffaud-Cangelosi.

Puisque de plus en plus de robots aériens circulent dans le ciel, ils recueillent davantage de données et de vues, ce qui permet de réduire les risques, d’améliorer l’efficacité des opérations industrielles et d’ouvrir les yeux sur les possibilités que nous réserve l’avenir. Le fait de développer des technologies plus avancées ne semble avoir aucune limite et les sociétés telles qu’Epson et DJI ouvrent la voie pour que cette approche se concrétise.